The Devil's Rejects


ORIGINE
USA
The Devil's Rejects Affiche

ANNEE
2004
REALISATION

Rob Zombie

INTERPRETES
Sid Haig
Bill Moseley
Sheri Moon Zombie
William Forsythe
Leslie Easterbrook
Michael Berryman
Ken Foree
PJ Soles
Danny Trejo
Geoffrey Lewis
Critique The Devil's Rejects
{Photo 1 de The Devil's Rejects} Chez les Firefly, on est tueurs en série de père en fille. La famille a déjà plusieurs dizaines de meurtres à son actif lorsque la police, menée par le shérif Wydell finit par localiser la planque des sadiques. L'assaut laisse une poignée de cadavres et permet la capture de la Maman, mais le Capitaine Spalding, la jolie cinglée Baby et Otis réussissent à fuir. Ils sèment la mort et la terreur, alors que le shérif, décidé à venger son frère, sombre dans la folie et utilise tous les moyens possibles pour exterminer la famille Firefly.

Le métrage proposé par Rob Zombie s'avère un étrange compromis entre un côté résolument rétro (avec des influences indéniables et revendiquées des classiques MASSACRE A LA TRONCONNEUSE et LA COLLINE A DES YEUX) et un aspect plus contemporain, notamment au niveau de la représentation très graphique de la violence. Dans ce domaine, Zombie ne se prive pas de quelques séquences traumatisantes et privilégie la cruauté pure, franchement sadique et brutale, à l'opposé du gore jouissif et inoffensif devenu la norme dans le cinéma d'horreur contemporain. THE DEVIL'S REJECTS n'a donc rien du petit fi{Photo 2 de The Devil's Rejects} lm de terreur avec des passages sanglants qui prêtent à sourire car les séquences extrêmes s'avèrent réellement choquantes et secouantes. Impossible d'appréhender ce film comme un "divertissement" : sa vision est éprouvante et marquante. Et pourtant, THE DEVIL'S REJECTS peut être considéré comme une réussite. Il est tout d'abord fort bien réalisé, avec des effets de mise en scène saisissants (comme des arrêts sur image opportuns) et un climat intense.

La bande sonore, pour sa part, est très réussie. On aurait pu attendre un déferlement de metal mais l'ex leader des White Zombies surprend en utilisant majoritairement de la country, du blues et du rock rétro, comme le formidable 'Freebird' de Lynyrd Skynyrd qui ponctue le final. Parfois, Zombie se passe complètement de musique, créant un effet étrange et réussi, ou balance de brèves ponctuations musicales orientées industrielles ou bruitistes. Une vraie recherche sonore qui n'hésite pas à jouer la carte du décalage en proposant des mélodies lancinantes sur les scènes les plus malsaines.

Au niveau de l'interprétation, il y a peu à dire tant chacun livre une performance{Photo 3 de The Devil's Rejects} brillante et intense. Bill Moseley (MASSACRE A LA TRONCONNEUSE) propose un grand numéro cabotin, Willyam Forsythe se la joue vigilante de choc décidé à accomplir la volonté divine. Quant à Sheri Moon Zombie, épouse du cinéaste à la ville, elle offre, elle aussi, un beau numéro, celui d'une tarée nympho vulgaire, sexy et sadique. On note également la présence de plusieurs figures familières du cinéma d'horreur, la plupart dans des rôles très courts mais néanmoins intéressants, en particulier l'apparition éclair de Michael Berryman.

Malgré tout, THE DEVIL'S REJECTS possède quelques défauts, en particuliers un rythme pas toujours palpitant. Le film est clairement divisé en deux parties : après un début survolté, l'intrigue s'oriente vers le huis clos et tourne autour d'une prise d'otage qui rappele certains chefs-d'oeuvre du polar comme KEY LARGO ou LA MAISON DES OTAGES. On y retrouve la poignée de personnages contraints de subir les lubies et humiliations voulues par leurs tourmenteurs. Mais les cruautés subies vont bien au-delà des insultes jadis lancées à Bogart ! L'une des victimes doit ainsi violemment frapper son{Photo 4 de The Devil's Rejects} amie au visage pour avoir le droit d'aller aux toilettes, une autre est contrainte à se rabaisser et à jouer les salopes tandis qu'un maniaque lui introduit le canon d'un révolver dans le vagin, etc. Nudité intégrale, vomissements, jets de sang poisseux... Rob Zombie verse parfois dans le gore (lorsqu'une victime est broyée par un énorme camion) mais la plupart du temps, il opte pour une violence réaliste pas vraiment agréable à regarder.

La seconde partie du métrage glisse vers le road-movie inspiré par le TUEURS NES d'Oliver Stone. Nous n'en dirons pas plus mais le final constitue un gros morceau de brutalité pure avec, entre autres, un passage mémorable où intervient une agraffeuse utilisée à même la chair. Le rythme est alors plus aéré et le ton un peu moins tendu, délaissant l'atmosphère étouffante et le huis clos pour les grands espaces.

Heureusement, Rob Zombie ménage quelques intermèdes humoristiques, comme ces blagues salaces autour de l'utilisation de poulets décapités à des fins sexuelles. Le réalisateur parsème chaque ligne de dialogue d'insultes (impossible de compter le nombre de "Fuck" prononcés !) et tente parfois de rivaliser avec la gouaille de Tarentino. On relève ainsi une pute qui se demande si elle ne devrait pas exercer son métier habillée en robot pour profiter de la vague STAR WARS (l'histoire se déroule en 1978) ou un dialogue décalé entre un fan de Groucho Marx et un admirateur d'Elvis. Le premier se désole de la mort de son idole survenue juste avant celle du King, le second devenant fou furieux et expulsant cet "espèce de pédé vendu à Hollywood."

THE DEVIL'S REJECTS est donc un film important et efficace qu'il s'agit de prendre avec une certaine distance. Même s'il n'est pas pleinement réussi, l'ensemble apparaît comme un hommage sincère à tout un pan glorieux du cinéma viscéral des années 70. De MASSACRE A LA TRONCONNEUSE à LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE en passant par LES CHIENS DE PAILLE de Sam Peckinpah, les thrillers dit "Hard Boiled" et les récits d'auto-justice (comme le fameux JUSTICE SAUVAGE, d'ailleurs évoqué dans les dialogues), l'oeuvre de Rob Zombie bouffe à de nombreux râteliers mais parvient à trouver son style. Le voyage n'est pas vraiment plaisant mais le tout mérite pourtant le détour.

Frédéric Pizzoferrato
22/12/2009
Cet article est paru dans Sueurs Froides n°28
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Frédéric Pizzoferrato
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