The Divide


ORIGINE
USA/France
The Divide Affiche

ANNEE
2011
REALISATION
Xavier Gens
INTERPRETES
Lauren German
Rosanna Arquette
Micheal Biehn
Critique The Divide
{Photo 1 de The Divide} Dans les salles obscures du forum des images a lieu depuis dix-sept ans un événement que beaucoup connaissent sous le sombre nom d'Etrange Festival. Cette année, la programmation nous fait découvrir en avant-première et ouverture, THE DIVIDE, dernière réalisation du Français Xavier Gens.

Xavier Gens commence sa carrière avec le long métrage EARTH OF FIRE, un film fauché mais qui permet au réalisateur de faire ses premières armes. Il enchaîne plus tard sur FRONTIERE(S) produit par Luc Besson, film qui permettra cette fois au réalisateur de se faire un nom. Avec son affiche, le film avait lancé une controverse et avait permis ainsi à Xavier Gens de beaucoup faire parler de lui.

Après la chute de bombes atomiques sur une ville, quelques personnes, juste une poignée, réussissent à se réfugier dans le sous-sol de leur immeuble. Survivant grâce à de maigres réserves, le petit groupe va alors s'organiser en fonction de son nouvel environnement.

Le casting est principalement constitué d'acteurs américains. Lauren German, que l'on connaît grâce à HOSTEL 2 d'Eli Roth, Michael Biehn présent dans le casting de PLANETE TERREUR de Robert Rodriguez ainsi q{Photo 2 de The Divide} ue la très jolie Rosanna Arquette offrent des prestations très correctes. On reconnaît aussi Milo Ventimiglia, premier rôle dans PATHOLOGY de Marc Schoelermann. C'est cependant Michael Eklund qui donnera la prestation la plus dérangeante et la plus intéressante, même si celui-ci manque quelquefois de justesse. On peut dire que son visage entièrement imberbe restera dans les mémoires.

Le métrage construit son scénario et sa narration sur un ton profondément pessimiste. En effet, le film pose la question de savoir comment, après la chute du monde, va s'organiser la vie collective pour une petite communauté. Après la destruction de toute forme étatique et autorité légitimée, d'appartenance clanique et enfin la disparition de la cellule familiale, nous voilà plongés dans un univers sombre, violent et sans espoir. Gens dépeint un monde anti-rousseauiste où l'état de nature, caractérisé par une absence de contrat social, engage l'homme dans une voie où « l'homme est un loup pour l'homme » (Tomas Hobbes - Le Léviathan). Le métrage est ainsi construit par le rythme de destruction de toute forme d'appartenance. Le spectateur est de ce fait plongé dans{Photo 3 de The Divide} un état de guerre perpétuelle où la survie est une question de chaque instant. Gens met l'homme au centre de ce processus de dynamique sociale.

La décadence physique des personnages, intimement liée à une décadence morale et psychique, fait bien évidement penser au travail de Cronenberg sur LA MOUCHE. Cependant, ce lien est ici indissociable des statuts sociaux des individus et de la progressive destruction de ces derniers. L'identification se développe sur de nouvelles bases et bien souvent, voire de manière systématique, selon une idée primaire des besoins. La femme devient un objet sexuel et l'homme « une force physique ». Le film de Gens travaille en priorité sur « l'état de nature » de l'homme. Il le présente comme vil, dominateur et profondément égoïste. Notons que le métrage de Gens se situe dans un moment de transition. Il commence par la chute d'une organisation politique et se clôt par la création d'une nouvelle organisation. Ce postulat intéressant permet au métrage de sortir du thème post-apocalyptique basique. Ainsi, Gens ne dépeint pas une simple nouvelle organisation mais une réelle dynamique sociale. Le film s'inscrit à ce titre dans un moment d'évolution statutaire des individus, dû à la brusque modification de leur environnement.

Notons que le huis clos construit par la peur des retombées radioactives et enfin le réel enfermement, par ce qui semble être une cellule extérieure, renforce grandement ce sentiment de noirceur et de décadence. En effet, THE DIVIDE propose une séquestration de ses personnages et les force à cohabiter. La menace ne vient donc pas de l'extérieur mais bien de l'Homme et de son comportement social. La peur se construit, comme dans tout huis clos, sur la dynamique sociale. Nous ne savons plus réellement qui nous entoure et la peur est amplifiée par l'accentuation de cette dynamique à travers le truchement d'une situation post-apocalyptique. On se retrouve face à une belle situation de réciprocité horrifique, créée par ces deux nouvelles contraintes environnementales.

Le scénario bien construit et tenant un réel propos laisse malheureusement place à un bémol : la mise en scène. Sans parler d'un mauvais travail, la construction et le rythme s'avèrent parfois hasardeux et parfois l'ambiance de huis clos s'amenuise, disparaît. Cependant, Gens fait preuve de quelques bonnes idées comme le plan-séquence filmé depuis le plafond. Ce suivi de façon extérieure des personnages par le spectateur nous place dans une dynamique d'observateur tout à fait en accord avec le questionnement de la construction d'une « expérience » sociale et humaine.

Graphiquement, le métrage évolue dans d'attrayants décors. En outre, les jolis costumes et maquillages permettent de faire gagner des points au film de Gens. Il commence par l'ouverture d'une porte et se termine par la fermeture d'une autre. Naturellement, l'ouverture et la fermeture de cette porte métaphorisent le « lien social ». Une action simple sur une porte conditionne ainsi, d'une certaine façon, la pensée de Gens. Là où Hobbes met l'homme au centre de la création du contrat social, Gens le met au centre du processus de sa destruction. Malgré une mise en scène hétérogène et un budget assez serré, le long métrage de Gens se défend très bien et propose une petite production sans prétention qui croque sous la dent.



Retrouvez nos chroniques de l'Etrange Festival 2011.

Quentin Mazel
03/10/2011
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Sueurs Froides.fr > Critique > Review
AUTEUR DE L'ARTICLE: Quentin Mazel
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