The field guide to evil


ORIGINE
américain, allemand, norvégien, polonais, britanni
The field guide to evil Affiche

ANNEE
2018
REALISATION

Can Evrenol et Katrin Gebbe
Veronika Franz & Severin Fiala
Agnieszka Smoczynska
Peter Strickland

INTERPRETES
Paul Ford
Birgit Minichmayr
Jilon VanOver
Fatma Mohamed
Lili Epply
Vangelis Mourikis
AUTEUR DE L'ARTICLE: Sophie Schweitzer
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Critique The field guide to evil
{Photo 1 de The field guide to evil} II était une fois le diable. Basé sur des contes tirés du folklore de 8 pays différents, THE FIELD GUIDE TO EVIL explore le rapport de l'homme au mystique, au diable, au mal à l'état pur. À la manière d'un ABC OF DEATH, l'anthologie a laissé le champ libre à 8 cinéastes différents, à l'imagerie ainsi qu'au style très distinct. L'ensemble se tient à la fois par une image soignée, mais aussi un intérêt manifeste pour le tragique, le macabre et le folklore.

DIE TRUD, réalisé par Veronika Franz & Severin Fiala à qui l'ont doit GOODNIGHT MOMMY, se base sur un conte irlandais. Kathi est une adolescente vivant dans une forêt avec sa mère dans une maison isolée. En allant laver le linge à la rivière, elle fait la connaissance d'une autre jeune femme, blonde comme les blés et très étrange. Voyant celle-ci feindre ses règles, Kathi est fasciné par cette étrange jeune femme qui partage cette fascination. Mais cette rencontre est lourde de conséquences pour Kathi qui se retrouve alors visitée par une étrange créature une fois la nuit venue. Serait-ce sa culpabilité ou est-elle maudite ?

Le récit est plutôt court et efficace, la mise en scène misant sur sa simplicité et son efficacité. Peut-être moins malsain que leur long métrage, GOODNIGHT MOMMY, il conserve néanmoins un ton assez moderne dans ce qu'il raconte qui n'est pas pour déplaire.

KINDLER AND THE VIRGIN est réalisé par Agnieszka Smoczynska, une jeune réalisatrice polonaise ayant réalisé THE LURE en 2015. Dans ce récit, un homme croise la route d'une dame blanche qui lui chuchote des choses étranges{Photo 2 de The field guide to evil} à l'oreille. Après cette rencontre marquante, il se met à profaner des sépultures, et en extirper les corps afin de dévorer les cœurs des morts. Mais cette sombre pratique, ce cannibalisme post-mortem, va finir par lui attirer des ennuis.

La cinéaste utilise un décor assez impressionnant, des couleurs tissant un conte gothique et des costumes soignés afin de brosser une atmosphère aussi sombre qu'envoûtante. Le seul ennui étant que la compréhension de son conte n'est pas donnée à ceux ne connaissant le mythe.

A NOCTURAL BREATH est basé sur un conte allemand et réalisé par Katrin Gebbe. Dans une ferme perdue au milieu de la campagne, un frère et une sœur vivent tant bien que mal depuis la disparition de leurs parents. Le frère s'occupe de tout tandis que la sœur paraît subir des crises, bien vite, on comprend qu'il s'agit d'une étrange possession. Fatigué, le frère finit par tenter de se rebeller contre le phénomène, il en récolte la mort de sa vache puis de son chien. Le combat est inutile tente de lui expliquer sa sœur, qui semble accepter son sort.

Katrin Gebbe nous entraîne dans un conte assez sombre où les couleurs ont disparu ainsi que la lumière. Le choix des lieux comme des costumes donne l'illusion d'un conte intemporel jusqu'à ce que la sœur apparaisse. C'est cette recherche de réalisme qui rend ce segment intéressant même si niveau narration on peut être déçu par la rapidité de la conclusion.

AL KARISI, segment turc est réalisé par Can Evrenol, ayant réalisé BASKIN en 2015. Nous narrant l'histoire d'une j{Photo 3 de The field guide to evil} eune femme enceinte cloîtrée chez elle en attendant le retour de son compagnon. La jeune femme s'occupe d'une vieille femme paralysée qui visiblement ne lui inspire que du dégoût et de l'ennui. Méchante avec la paralysée, à qui elle vole une breloque, la jeune femme se retrouve assez vite harcelée par un mauvais esprit qu'elle croit être à l'intérieur de la vieille femme. Cet esprit semble en vouloir à son bébé.

Can Evrenol réussit à poser assez vite une ambiance délétère. En voyant son segment on pense immédiatement à celui de LA GOUTTE D'EAU de Mario Bava dans LES TROIS VISAGES DE LA PEUR, mais aussi, plus récemment à DRAG ME TO HELL de Sam Raimi. C'est le fait que l'héroïne soit à la fois fautive et victime qui rend le récit d'autant plus troublant. La gestion des arrière-plans, du hors champ, et l'usage d'une jeune actrice charismatique rend ce segment vraiment intéressant et captivant.

PALACE OF HORRORS, segment indien, est réalisé par Ashim Ahluwalia (MISS LOVELY et DADDY). Ce conte horrifique narre comment un explorateur européen vient visiter une foire aux monstres dans un coin reculé de l'Inde. Visiblement là pour acheter certains de ces pauvres êtres difformes, l'explorateur est attiré par un lieu interdit. En dépit des avertissements, il ira explorer l'interdit à ses risques et périls.

C'est dans une ambiance de roman gothique que le cinéaste nous attire avec un film entièrement en noir et blanc, assez sombre. Les décors sont des ruines au milieu de la jungle, les personnages sont des êtres difformes, et ceux qui ne le sont pas sont néa{Photo 4 de The field guide to evil} nmoins dotés de gueules. Si la narration est somme toute classique, très inspirée par Tod Browning, l'atmosphère pesante est là.

THE MELON HEADS de Calvin Reeder (THE OREGONIAN, THE RAMBLER) est basé sur une légende urbaine américaine. La légende parle de petits êtres humanoïdes avec des têtes très grandes ayant la forme de melon. Dans le segment de Calvin, c'est une famille qui s'installe dans une cabane pour les vacances qui se retrouve confrontée à ces créatures. C'est notamment leur fils qui remarque la présence de l'une de ces créatures. Voulant se faire des amis, le petit garçon qui se sent délaissé par ses parents va s'attirer des ennuis.

Malheureusement, ce segment est mal desservi par des acteurs pas très bons. Pour ne rien arranger, la photographie est assez fade, comparable à celle d'un téléfilm de mauvaise facture. L'ensemble n'est donc pas très réussi en dépit d'un postulat de départ assez original qui n'aurait dénoté dans un épisode de la série X FILES.

WHAT EVER HAPPENED TO PANAGAS THE PAGAN ? est réalisé par le cinéaste grec Yannis Veslemes. Dans un village grec, un gobelin attire l'attention d'un groupe de joyeux lurons qui persuadé des vertus magiques du sang de la créature, le capture et le perfore de part en part afin de lui sucer les veines. Le groupe de villageois se retrouve dans un état d'ébriété avancé, et finit par s'adonner à une sorte d'orgie digne des bacchanales.

Yannis Veslemes ayant réalisé précédemment NORVEGIA laisse libre cours à sa folie dans ce segment tout en musique traditionnelle et en festivité. Le récit est empreint d'une espèce de folie sauvageonne, mais souffre d'un petit budget pour ses effets spéciaux.

THE COBBER'S LOT de Peter Strickland est sans nul doute le meilleur segment. Deux frères artisans se disputent les faveurs de la princesse. L'aîné ose demander la main de la belle au roi. Ce dernier exige une fleur rare poussant au bord d'une rivière au milieu de la forêt. L'aîné part donc en quête de cette fleur, mais en la cueillant, il perçoit dans la rivière des silhouettes féminines enchanteresses. Cédant à la tentation, il plonge dans l'eau et a droit à une nuit inoubliable en compagnie de délicieuses compagnes. Pendant ce temps-là, son frère en profite pour tenter de ravir le cœur de la belle. Malheureusement celle-ci vient à décéder. C'est son fantôme vengeur qui punira les deux frères.

Le réalisateur de BERBERIAN SOUND STUDIO et de THE DUKE OF BURGUNDY réalise le dernier segment. Fort d'une esthétique très poussée, ce récit adopte la forme d'un film muet, se passant de voix au profit de cartons. Ainsi la poésie de l'histoire se développe renforcée par un casting qui n'a pas grand-chose à envier aux mimes.

L'ensemble de l'anthologie donne un aperçu sympathique des contes et légendes de par le monde, d'autant que ce sont des contes plutôt méconnus. Cependant le niveau entre les différents segments est assez inégal. Certains récits sont trop court, d'autres peu compréhensibles, ce qui fatigue un peu le spectateur sur la fin. Heureusement que le meilleur des segments clôture l'anthologie, cela permet de terminer sur une jolie note.

Sophie Schweitzer
17/09/2019
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