The Killing Kind

Il les veut toutes mais mortes...


ORIGINE
USA
The Killing Kind Affiche

ANNEE
1973
REALISATION
Curtis Harrington
INTERPRETES
Ann Sothern
John Savage
Ruth Roman
Luana Anders
Critique The Killing Kind
{Photo 1 de The Killing Kind} Après avoir passé deux années derrière les barreaux pour avoir agressé sexuellement une jeune fille, Terry retourne vivre dans la pension tenue par sa mère, Thelma. Habitué aux pensionnaires âgées, il est surpris de croiser un beau matin la jeune Lori qui vient de louer une chambre et veut tenter sa chance en tant que mannequin. Lors d'un innocent jeu dans la piscine de la résidence, Terry manque de la noyer volontairement. Plus tard, il retrouve Tina, la fille responsable de son incarcération, et provoque sa mort dans un accident de la route. Mais ce que Terry ignore, c'est que depuis la maison d'en face, il est épié avec des jumelles par Louise, trentenaire célibataire et frustrée, vivant avec son vieux père...

Autant le dire d'entrée, ce film n'est pas un chef d'œuvre maudit et oublié, ni une bande glauque et malsaine. Etude d'un déséquilibré, THE KILLING KIND frappe a{Photo 2 de The Killing Kind} vant tout par sa sobriété. Bien loin d'aligner une impressionnante série de cadavres et de scènes chocs sur un rythme effréné, le film prend au contraire son temps pour établir le portrait de Terry, et par ricochet celui de Thelma. L'enjeu du récit n'est pas de savoir qui va être tué et comment, mais l'observation des fissures qui se dessinent dans la psyché du jeune homme et qui vont le conduire presque malgré lui à un point de non retour. La relation, que l'on devine trouble, entre Terry et sa mère est montrée d'une façon très simple. Il n'y a pas de sous-entendus lourds de sens, de clins d'œil lancés aux spectateurs pour le rassurer sur sa bonne compréhension de la situation. Au contraire, à chacun d'entre nous de s'interroger sur un geste ou une parole qui pourrait sembler déplacé vu la filiation des personnages.

Le portrait de Terry s'esquisse donc lentement au gré{Photo 3 de The Killing Kind} de ses rencontres et de ses actes. Il a grandi entouré de femmes plus âgées qui l'aimaient, sa mère et les locataires de celle-ci. Il a nourri une rancœur à l'encontre des responsables de son emprisonnement, Tina mais aussi son avocate qui ne l'a pas défendu suffisamment. Perdant ses moyens lorsque sa libido est excitée, il réagit impulsivement pour se protéger. Ainsi Louise, qui fantasme sur lui à cause du danger qu'il représente, va se faire agresser verbalement lorsqu'elle lui fera des avances explicites. Au fil du récit Terry, qui était paralysé devant une Tina dénudée et offerte à lui deux ans auparavant, développe un mécanisme de défense actif face à la stimulation sexuelle et perd progressivement le contact avec la réalité.

Ce foisonnant scénario est parfaitement servi par une mise en scène d'une logique épatante. La caméra se fait discrète lors des scènes entre Te{Photo 4 de The Killing Kind} rry et Thelma, prenant du recul à la manière d'un documentaire jusqu'à faire oublier sa présence. Lorsque la tension monte, le montage se fait plus incisif et des cadrages impeccables rendent compte des tourments intérieurs qui rongent les protagonistes, si bien que même après la projection quelques plans restent en mémoire.

A tout ceci s'ajoute un casting inspiré qui parvient à rendre crédible les personnages et tire le film vers le haut du panier des séries B. John Savage, avec son visage juvénile, campe tout en finesse un Terry rongé par ses démons. Malgré son excellente performance, il lui faudra encore quelques années avant que sa carrière ne décolle et qu'il obtienne une reconnaissance avec VOYAGE AU BOUT DE L'ENFER (1978) puis HAIR (1979). Mais aussi talentueux qu'il soit, il lui arrive d'être éclipsé, lors de quelques scènes, par Ann Sothern qui donne littéralement chair à Thelma. Elle se taillera encore les meilleurs morceaux dans CRAZY MAMA (1974) de Jonathan Demme, volant la vedette à ses partenaires. Quant à Lori, elle est interprétée par la jeune Cindy Williams que l'on reverra dans AMERICAN GRAFFITI (1973) avant qu'elle ne devienne une vedette de série télé.

Le réalisateur Curtis Harrington, décédé en 2007, fut surtout connu chez nous pour être un ancien de l'écurie Corman et pour avoir réalisé le très inégal RUBY (1977), film qu'il a toujours renié car remonté par des producteurs peu scrupuleux. Du coup, la découverte de THE KILLING KIND redore son blason et donne envie de se pencher sérieusement sur le reste de sa filmographie, histoire de dénicher d'autres séries B sympathiques à l'image de celle-ci...

Retrouvez un avis alternatif sur The Killing kind.

Éric Peretti
22/12/2009
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Sueurs Froides.fr > Critique > Retrospective
AUTEUR DE L'ARTICLE: Éric Peretti
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