The Last Supper

Saigo no bansan


ORIGINE
Japon
The Last Supper Affiche

ANNEE
2005
REALISATION

Osamu Fukutani

INTERPRETES
Avi K. Garg
Fumina Hara
Masayo Kato
Katsuya Kobayashi
Zuki Lee...
AUTEUR DE L'ARTICLE: Franck Boulègue
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Critique The Last Supper
{Photo 1 de The Last Supper} Avant toute chose, il s'agit de ne pas confondre ce long-métrage japonais avec le film américain du même titre tourné en 1996 par Stacy Title. Exit le groupe d'idéalistes décidés à éliminer les réactionnaires de tout poil attablés chez eux. THE LAST SUPPER « made in Japan » traite pour sa part d'un chirurgien esthétique aux goût culinaires bien particuliers. En effet, le personnage central de ce récit joliment mis en images par Osamu Fukutani se nourrit exclusivement de chair humaine... et plus spécifiquement de la variété issue du corps de jeunes et belles demoiselles attirées par ses charmes.

Or, rien ne semblait pourtant prédestiner à l'origine ce chirurgien sans relief à conquérir le cœur (au propre comme au figuré) des membres de la gent féminine. Gauche, renfermé, il constituait plutôt la risée de ses camarades{Photo 2 de The Last Supper} de classe. Jusqu'au jour où, à l'issue d'une séance de liposuccion à laquelle il participe, il entreprend de ramener chez lui le gras collecté, avant de le cuisiner et de le déguster religieusement (la séquence se révèle d'ailleurs particulièrement dégoûtante, bien plus encore que les scène ouvertement « gores » qui ponctuent de-ci de-là le récit - peut-être du fait qu'elle est plus crédible, plus anodine, et qu'elle nous renvoie à nos habitudes culinaires quotidiennes, finalement peu ragoûtantes). Un rien décontenancé par la présence de produits pharmaceutiques dans le gras savouré, il n'en prend pas moins goût à cette chair unique, qu'il s'empresse par la suite de collecter dans son réfrigérateur en grandes quantités - il ne se limite plus au gras de récupération, il va directement « taper dans le bifteck ». Pour ce fair{Photo 3 de The Last Supper} e, il n'hésite pas à se transformer en meurtrier émérite, allant même jusqu'à tenir un journal Internet de ses agissements cannibales sous forme de « blog ». Ce régime carné produit rapidement des effets surprenants sur sa personne : le petit moins que rien du début se métamorphose soudain en bourreau des cœurs, en chirurgien esthétique aux doigts de fée qui connaît un succès grandissant partout dans l'archipel nippon. En ingurgitant ses victimes, il ingère également leur suc vital, leur énergie qu'il s'approprie, ce qui lui permet d'effectuer cette recréation de sa personne.

Mais cette belle mécanique n'attend que le moment propice pour s'enrayer. Et c'est ce qui se passe quand un policier à l'allure rappelant celle de Columbo commence à s'intéresser de près à notre chirurgien. Quelle ne sera pas la surprise de ce d{Photo 4 de The Last Supper} ernier quand il apprendra que le policier est lui aussi grand amateur de chair humaine, aisément recueillie dans les morgues qu'il fréquente du fait de son métier ! L'attrait pour cette spécialité culinaire se révèle ainsi bien plus répandu qu'on ne pourrait le croire de prime abord...

THE LAST SUPPER ne joue pas la carte de la surenchère sanguinolente pour traiter son sujet. Le film lorgne plutôt du côté d'une esthétique épurée, faite de surfaces froides et de lumières au néon, ce qui accentue bizarrement le trouble qui naît en nous devant les pratiques fort peu recommandables du chirurgien. L'aspect clinique de l'ensemble est ainsi en parfaite adéquation avec sa profession. C'est également d'un humour distancié dont ce personnage fait preuve quand il s'amuse à faire goûter, sans qu'ils le sachent, sa viande si particulière à ses proches, à ses collègues de travail. L'expression de ravissement qu'ils affichent en la savourant le réjouit intérieurement, sans qu'il laisse rien transparaître de cela.

Une virée à Hong-Kong, dans un univers souterrain de perversion anthropophage, constitue un interlude ludique bienvenu, qui apporte au film une rupture de lieu et d'espace étendant son propos à l'ensemble du continent asiatique. Loin d'appauvrir le récit, cette digression chinoise constitue un contrepoint joliment réalisé, donnant de l'épaisseur au film.

Alors si vous envisagez de vous faire refaire le nez ou de vous faire « lifter », réfléchissez-y donc à deux fois. Il serait dommage de finir en tranches dans un réfrigérateur pour quelques malheureuses rides qui peuvent, si on les assume pleinement, se révéler pleines de charme elles aussi...

Franck Boulègue
22/12/2009
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