The lovers


ORIGINE
Belgique, Inde et Australie
The lovers Affiche

ANNEE
2015
REALISATION

Roland Joffé

INTERPRETES
Josh Hartnett
Bipasha Basu
AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Delvaux
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Critique The lovers
{Photo 1 de The lovers} En sauvant sa femme Laura, coincée dans une épave, le chasseur de trésor sous-marin Jay sombre dans le coma. Il se rêve alors dans l'Inde du 18e siècle, en tant que capitaine James Steward. Au service d'une compagnie anglaise mélangeant affaires politique et enrichissement personnel, il est impliqué dans un coup d'état voyant un usurpateur renverser le souverain d'un petit royaume, qui gênait des commerçants anglais. Il doit escorter jusqu'à Bombay l'ex reine et sa servante Tulaja, dont il va bientôt tomber amoureux tandis que les sicaires du nouveau tyran tenteront de les assassiner. En gage de son amour, Tulaja remettra à James la moitié d'une bague... celle-là même que Jay et Laura tentaient de récupérer au fond de l'épave.

Un film « d'aventure exotique », comme il s'en produisait de nombreux avant que la démocratisation des voyages ne permettent au tourisme de masse de ne pas se contenter de la toile obscure pour rêver les mondes lointains et colorés. Ce cinéma coloré, qui évoque le temps des colonies, a longtemps fait le bonheur des salles de quartier, mais a disparu avec ell{Photo 2 de The lovers} e... et avec lesdites colonies. On tente de le ressusciter de temps en temps, Jean-Jacques Annaud s'y est commercialement cassé les dents naguère avec L'OR NOIR (et côtoyait auparavant déjà l'exotisme colonial via L'AMANT, SEPT ANS AU TIBET, et surtout DEUX FRÈRES). Le temps des colonies, évoqué dans une riche littérature (Kipling en tête) et jusqu'en bande dessinée : pensons, pour n'en rester qu'aux fondateurs du 9e art, à Tintin dès 1932 avec "Les Cigares du Pharaon" puis "le Lotus bleu", et bien entendu à Corentin Feldoë de Paul Cuvelier, et plus récemment, au succès commercial des sagas « India Dreams » ou « Djinn », ces derniers ajoutant la romance à l'aventure. Pour revenir au cinéma, on se contentera de citer la référence du genre, le diptyque LE TIGRE DU BENGALE / LE TOMBEAU HINDOU (celle de Fritz Lang en 1959 ou celles dont il est le remake de 1921 et de 1938). Si les péripéties diffèrent, la structure globale reste la même que celle de THE LOVERS : dans une Inde fantasmée, un jeune anglais (architecte chez Lang, constructeur de route chez Joffé) et une belle indienne tomben{Photo 3 de The lovers} t amoureux, mais leur passion sera contrecarrée par le maharadjah local.

A l'instar de Jean-Jacques Annaud qu'on a mentionné, la carrière de Roland Joffé (THE KILLING FIELDS, THE MISSION) pâlit par chez nous : ni THERE BE DRAGON (2011), ni YOU AND I (2011) ne semblent avoir connu de sortie en salle en France. En sera-t-il de même pour THE LOVERS ? La structure de production qui rassemble Belgique, Inde et Australie et dont sont donc absents la France ou de grands studios américains n'aidera pas.

A dire vrai, tant le casting (Bipasha Basu ) que la manière d'appréhender les décors (la photographie, au demeurant très belle, nous livre une Inde de carte postale, magnifiée et totalement irréelle, dont les paysages splendides sont scandés de palais magnifiquement décrépis) ou le choix même du genre (une romance « pure », avec des personnages bien dessinés, sans aspérités, et une histoire lisse) semblent plus destiner THE LOVERS au marché asiatique (ou du moins indien), avec cette particularité que le point de vue reste fortement occidental. La sauce prendra-t-elle ?

Au casting, Josh Hartnett (depuis toujours dans le cinéma de genre : HALLOWEEN H20, THE FACULTY, BLACK HAWK DOWN, SIN CITY, THE BLACK DAHLIA, 30 DAYS OF NIGHT...) nous fait le doublé bellâtre Jay/James. Tulaja est campée (et bien campée même) par l'actrice et star indienne Bipasha Basu, vue dans DOOM 2 et tête d'affiche dans CREATURE (Vikram Bhatt, 2014) ou ALONE (Bhushan Patel, 2015), deux productions horrifiques indiennes, mais qui n'ont guère intéressées les festivals occidentaux.

Néanmoins, Roland Joffé ayant présidé il y a quelques années le jury du Brussel International Fantasy, Fantastic, Thriller and Science-Fiction Film festival et la Belgique ayant coproduit le film, THE LOVERS se retrouve en compétition internationale à la 34e édition du BIFFF.

THE LOVERS appartient moins au fantastique qu'à la romance, dont la recette entremêle un zeste de tragédie (le destin de nations) aux passions amoureuses contrariées des protagonistes.

Un léger argument fantastique lui a permis d'accéder au BIFFF : une bague reliant son porteur à une de ses incarnations passées.

THE LOVERS fonctionne globalement si on se prend au jeu et qu'on accepte pleinement la romance et son cahier des charges.

Il est néanmoins plombé par quelques problèmes. Tout d'abord, la partie contemporaine se révèle inutile, elle alourdit le propos et le rend un peu ridicule. Mais elle nous donne l'argument « fantastique » : l'amour traverse le temps (thème très fréquent, prenons par exemple THE FOUNTAIN).

Et puis, il y a cette incohérence scénaristique : pourquoi diable la bague de nos amants se retrouve-t-elle au fond de l'océan ? On attendra en vain la moindre explication. Un oubli gênant, dès lors que cette bague est le seul élément qui relie les deux époques.

Enfin, le final cède à cette tentation qui encombre le cinéma depuis des années de vouloir en faire trop. Abominablement nunuche, il laisse un gout amer à une meringue qu'on dégustait jusque-là sans déplaisir.

Bref, avec THE LOVERS, Roland Joffé est loin de ses œuvres d'antan. Mais l'amateur de romance ou d'exotisme à l'ancienne et qui voudra bien excuser les maladresses du scénario ou du final peut cependant passer un bon moment.

Philippe Delvaux
16/04/2016
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