The man who lived again

CERVEAUX DE RECHANGE


ORIGINE
Angleterre
The man who lived again Affiche

ANNEE
1936
REALISATION

Robert Stevenson

INTERPRETES
Boris Karloff
Anna Lee
John Loder
Donald Calthrop
Frank
Cellier...
Critique The man who lived again
{Photo 1 de The man who lived again} L'homme a-t-il une âme ? L'âme est-elle matérialisable ? CERVEAUX DE RECHANGE est le quatrième film du britannique Robert Stevenson. En 1964, il reçoit l'oscar du meilleur réalisateur pour MARY POPPINS. Par la suite, il ne tournera pas moins d'une douzaine de films pour Disney et presque 50 pour les studios hollywoodiens.

Un savant génial invente une machine qui transfère l'esprit d'un corps dans un autre. Mis au banc de la communauté scientifique et dans le même temps avide de réussite, il décide d'utiliser son invention à son profit.

Dans la culture occidentale, folie et génie sont inséparables. La littérature et le cinéma se sont souvent associés pour décliner cette question, comme dans L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde du presque homonyme Robert Louis Stevenson, écrit{Photo 2 de The man who lived again} en 1886. Ou dans FRANKENSTEIN de James WHALE tourné en 1931, avec Boris Karloff dans le rôle titre et qu'on retrouve dans CERVEAUX DE RECHANGE sous les traits du docteur Laurience.

Il serait donc possible d'isoler l'âme. C'est à cette tâche que s'attelle le docteur. Ce neurobiologiste brillant, rejeté par ses pairs, poursuit ses recherches dans un manoir gothique retiré. Le génie, marginal, non conformiste, isolé et solitaire, en avance sur son temps, a réussi à séparer le corps et l'esprit. L'« esprit » est transféré, intact, d'un corps à l'autre à travers une machine... 5 ans après avoir incarné la créature de Frankenstein, Boris Karloff fait preuve du même incroyable charisme et utilise avec bonheur ses talents dramatiques et expressionnistes. Une jeune scientifique, une femme indépendante, le rejoint dans ses recherches, par amour de la science et en dépit des mises en garde de son entourage. Ce personnage de femme libre, qui allie foi scientiste et éthique, est incarné par Anna Lee, première épouse du cinéaste.

Obsédé par la réussite et la reconnaissance, le docteur Laurience accepte d'être financé par un homme d'affaires qui peut faire sa renommée et sa fortune, quitte cependant à être exhibé comme un singe savant. Et perdre lui-même l'esprit... Humilié, il bascule de façon irrémédiable. L'éthique de sa jeune collègue, « sa conscience », ne peut le retenir... Au diable le bonheur de l'humanité désormais !

Ce ne sont pas les expériences, comme dans L'HOMME INVISIBLE incarné par Claude Rains, qui rendent fou le docteur mais bel et bien le rejet etl'humiliation, la volonté de réussite. Le savant n'est pas non plus victime d'un accident comme dans LA MOUCHE NOIRE de Kurt Neumann (1958). Ni le corps, ni l'esprit ne sont altérés par l'invention du docteur. Le savant fou ici est en réalité un être mal aimé, frustré, amoureux de sa jeune consœur et qui souhaite avant tout prendre sa revanche. Au début du film, le docteur Laurience apparaît plus émouvant et touchant qu'effrayant. Son besoin monstrueux de reconnaissance le rend ensuite pathétique et jaloux. Ecrit pendant les trente glorieuses, le film aborde les préoccupations de son temps : le culte de la jeunesse et de la réussite, représenté aux yeux du docteur par sa consœur et son fiancé. Le savant fou est un homme comme un autre, qui sous prétexte de travailler pour le Bien de l'humanité, ne souhaite qu'affirmer sa propre supériorité. Dans la dernière partie, la tension monte. Tout est mis en place pour le grand final : devenu « fou », le docteur va réaliser sa grande ambition, c'est-à-dire pratiquer ses expériences sur des humains. L'humour est jubilatoire, très divertissant au moment où le docteur sombre dans la perversité meurtrière... Les acteurs sont parfaits, la réalisation de qualité, toute en ironie et en comique de situation. Après tout, qui n'a pas rêvé de changer de peau ? De devenir beau et riche ? De changer de vie et de prétendre à l'argent, la santé, l'amour ? Même s'il s'agit ici en réalité de s'approprier la vie d'un autre, de le tuer... Malheureusement, transgresser les lois humaines et divines, cela se paie au prix fort...

Descamps Nattie
22/12/2009
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Descamps Nattie
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