The man with the magic box

Czlowiek z magicznym pudelkiem


ORIGINE
Pologne
The man with the magic box Affiche

ANNEE
2018
REALISATION

Kodo Box

INTERPRETES
Olga Boladz
Piotr Polak
Sebastian Stankiewicz
AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe DELVAUX
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Critique The man with the magic box
{Photo 1 de The man with the magic box} Adam, concierge dans une grande multinationale, découvre dans son appartement une vieille radio lui permettant de voyager dans le temps.

Avec cette dystopie aux allures orwelliennes et k-dickiennes, lointaine cousine de MATRIX, BRAZIL et BLADE RUNNER, le réalisateur et scénariste polonais Bodo Kox (LA FILLE DE L'ARMOIRE) se joue des codes du genre.

Intéressante tentative de science-fiction polonaise, pays peu situé sur la carte du cinéma de genre depuis la fin du cinéma de Zulawski (à qui l'Etrange festival consacrait naguère une belle rétrospective). Hormis cela, quelques petites similitudes formelles nous poussent à évoquer le film japonai{Photo 2 de The man with the magic box} s de Mamoru Ishii tourné en Pologne, AVALON : THE MAN WITH THE MAGIC BOX.

THE MAN WITH THE MAGIC BOX a eu les honneurs de clore l'édition 2018 de l'Etrange festival. Mérité ? Voire. Visuellement, le film se défend très bien, créant ce futur proche totalitaire qui effraie la majorité d'entre nous. Rien d'inédit dans cet univers donc, mais un savoir-faire certain pour le rendre tangible. La direction artistique nourrit le film de nombreux détails pour donner corps à cette société futuriste... mais échoue à imbriquer ses créations à l'intrigue. Il en ressort donc trop de digressions qui, certes participent de la création de ce monde, mais échouent{Photo 3 de The man with the magic box} à donner suite aux pistes qu'il sème : un personnage se révèle androïde... et le scénario l'abandonne immédiatement ; la ville se divise entre mal lotis et miséreux... sans guère creuser plus avant ; on pourrait multiplier les exemples.

L'autre problème vient de ce que l'histoire ne se révèle à nous que dans la résolution finale. Auparavant, on aura longtemps pataugé en suivant, sans déplaisir cependant, la progression narrative, sans déceler où le réalisateur voulait nous mener, ni ce qu'il voulait nous dire. C'est un peu frustrant car la résolution déboule abruptement.

... Et une fois que les clés nous ont été données, il vaut mieux ne pasremonter le fil du métrage au risque de relever quelques incohérence gênante (si on remet en ordre les pièces du puzzle, on peine à comprendre la raison de l'amnésie initiale du protagoniste principal, Adam).

La vraie qualité du film réside cependant dans son message. Toute bonne œuvre de science-fiction parle moins du futur que du présent. Ici, l'avertissement politique est sans équivoque, plaçant en miroir le futur totalitaire avec le passé communiste. Autrement dit, cette société basée sur le contrôle de sa population et coupée du monde extérieur préfigure ce que redoutent ceux qui voient l'avènement en Europe de partis sournoisement liberticides. Et la Pologne du parti « Justice et Droit » ne se montre pas la plus respectueuse des libertés fondamentales et des garanties démocratiques de base. L'effacement de la mémoire des protagonistes et le renvoi aux heures sombres du communisme sont des piques limpides à l'encontre de ceux qui, tentés par les sirènes du populisme, ont tendance à oublier les conditions de vie sous un régime extrémiste.

On en revient donc toujours au chef d'œuvre séminal, 1984. Mais lorsque la référence est brandie par une production issue d'un pays qui a connu le totalitarisme communiste, l'avertissement prend une dimension singulièrement effrayante.

Philippe DELVAUX
01/02/2019
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