The Rambler


ORIGINE
États-Unis
The Rambler Affiche

ANNEE
2013
REALISATION

Calvin Lee Reeder

INTERPRETES
Dermot Mulroney
Lindsay Pulsipher
Natasha Lyonne
Critique The Rambler
{Photo 1 de The Rambler} Un homme sort de prison, il retrouve sa femme qui le met dehors quelques jours après son arrivée. Il décide alors de partir sur les routes.

Il y a quelques années L'Etrange Festival programmait un film OVNI du nom de THE OREGONIAN, le genre de film dont on ressortait avec un avis tranché, une adhésion totale ou un rejet absolu. Un travail radical et sans compromis qui a marqué plus d'un spectateur.

Calvin Lee Reeder est un réalisateur qui débute sa carrière avec des courts-métrages étranges et décalés, PILEDRIVER, LITTLE FARM, THE RAMBLER et THE SNAKE MOUNTAIN COLADA. Il y met en scène un univers personnel et élabore une sorte de système iconographique avec des figures singulières se retrouvant dans plusieurs de ses travaux et se répondant au fil des productions. Ce nouveau film est une adaptation en long-métrage de l'un de ses précédents court-métrages du même nom. Il y reprend l'histoire de cet homme à l'esthétique de cow-boy voyageant à travers les États Unis. Plusieurs figures réapparaissent ainsi dans cette adaptation pour nous raconter l'étrange histoire de ce randonneur.

C'est donc avec joie que l{Photo 2 de The Rambler} 'on découvre le nouveau film du réalisateur Calvin Lee Reeder qui nous permettra de nous replonger dans cet univers décalé pour peut-être mieux le comprendre.

Commençons, comme à notre habitude, par le casting. C'est l'acteur Dermot Mulroney qui incarne le rôle principal. Connu pour ses rôles dans les comédies romantiques comme LE MARIAGE DE MON MEILLEUR AMI, THE SAFETY OF OBJECTS ou encore THE WEDDING DATE il a tout de même fait plusieurs apparitions dans des films plus « intéressants » comme ZODIAC de David Fincher ou LE TERRITOIRE DES LOUPS de Joe Carnahan. Le choix de Dermot Mulroney dans le rôle principal reste assez étonnant, mais c'est avec grâce et savoir-faire que l'acteur endosse ce rôle de « promeneur ». On retrouve aussi, sans surprise, Lindsay Pulsipher, présente dans tous les films de Lee Reeder, dans l'un des rôles principaux de ce THE RAMBLER. Elle fut dévoilée au grand-public public pour son rôle de Crystal Norris dans la série télévisuelle TRUE BLOOD. On n'oubliera cependant pas sa prestation dans l'épisode de la série MASTERS OF HORROR réalisé par William Malone. Encore une fois c'est une{Photo 3 de The Rambler} prestation excellente que nous livre la jeune femme.

Plus sage dans le traitement que pour son film précédent, Calvin Lee Reeder nous livre une fois de plus un chef-d'œuvre cinématographique aussi intéressant que percutant. Cette fois-ci, le réalisateur a décidé de ne pas complètement éliminer les éléments narratifs et propose un fil conducteur. Enfin, c'est un grand mot pour dire que cette fois ci, des dialogues sont présents et qu'il est possible de discerner une « évolution » dans le film.

Le récit est cependant, complètement déconstruit et sa compréhension donne du fil à retordre. Il est ainsi très probablement impossible de rationaliser THE RAMBLER et le nombre d'interprétations différentes de cette œuvre sera assurément considérable. C'est d'ailleurs tout le charme du travail de Reeder.

C'est en passant les heures qui suivent la projection à essayer de reformer ce puzzle grâces aux pistes tout en évitant les chausse-trapes que l'on peut apprécier pleinement le film. Un jeu, que l'on sait truqué et surtout sans fin, mais qui reste savoureux.

C'est au moment où le spectateur décide de n{Photo 4 de The Rambler} e plus tenter de trouver un sens définitif à l'œuvre qu'il nous semble que le travail de Calvin Lee Reeder prend tout son sens et qu'il est alors possible d'en embrasser toutes les subtilités. Accepter simplement de s'abandonner au milieu de ce monde loufoque et guignolesque, mais aussi sombre et perturbant, est vraisemblablement la condition sine qua non pour apprécier le travail de cet auteur. Ne jamais chercher un sens direct, se laisser seulement bercer par l'univers visuel et sonore du film. Vous aurez largement assez de temps pour réfléchir et discuter avec vos compagnons de fortune vous accompagnant sur cette route sinueuse, après le film, pour tenter de trouver un sens à ce travail. Vous apercevant peut-être, que c'est dans ce chemin de piste que le film s'apprécie et non dans sa « solution ».

On ne citera pas toutes les idées géniales, tant visuelles que sonores, dont Lee Reeder fait preuve. Contentons-nous de situer le film entre LOST HIGHTWAY de David Lynch et EASY RIDER, de Dennis Hopper. Broussailleux est surement le meilleur adjectif pour décrire le film, car il faudra en effet, vous armer d'une machette pour évoluer dans cette jungle d'images et ne comptez surtout par sur son réalisateur pour vous tenir par la main.

Si certains traitements peuvent sembler gratuits à première vue, il n'en est rien et ce sont même ces petits détails qui font la richesse du monde dans lequel on nous plonge.

En ce sens et comme le film précédent du réalisateur, THE RAMBLER est avant tout une expérience cinématographique. Un voyage dans le monde des rêves et des fantasmes, entre des figures de la culture populaire autant déchues que réinventées. Fantasmes, hallucinations, rêves, qu'importe, THE RAMBLER vous donnera assez d'images pour nourrir votre visionnage et vous permettre de construire votre propre interprétation et votre relation intime au film, c'est en fin de compte le plus important.

Calvin Lee Reeder nous livre encore une fois un chef-d'œuvre, très probablement le film le plus intéressant de l'année, un travail dense, bourré d'imagination et de savoir-faire.

Retrouvez notre couverture de l'Etrange festival 2013.

Mazel Quentin
20/09/2013
Bookmark and Share

Page précédente    Revenir en haut de la page    Imprimer   Creer PDF

Sueurs Froides.fr > Critique > Review
AUTEUR DE L'ARTICLE: Mazel Quentin
SES DERNIERS ARTICLES
L'Étrange Festival 2015
Moonwalkers
The Visit - Une rencontre extraterrestre
Upstream Color
Chernozem

Vous aimez The Rambler ?
Trailer The Rambler
Moteur de recherche
Tout est bénévole – si ce n’est pas déjà fait, versez votre obole annuelle à l'association Sin'Art : 5 €