The Stunt Woman

Ah Kam


ORIGINE
Hong-Kong
The Stunt Woman Affiche

ANNEE
1996
REALISATION

Ann Hui

INTERPRETES
Michelle Yeoh
Sammo Hung
Jimmy Wong
Ken Lo
Hoi Mang
Michel Lam
AUTEUR DE L'ARTICLE: Jérôme Pottier
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Critique The Stunt Woman
{Photo 1 de The Stunt Woman} Ann Hui, pilier de la « Nouvelle Vague », est une cinéaste hongkongaise issue de l'école du documentaire. Elle en hérite un style singulier et une approche très sociétale de ses sujets, y compris dans ses films de genre tel que THE SECRET (1978). Ce que l'on sait moins, c'est qu'elle fut l'assistante de King Hu, réalisateur légendaire de quelques chefs d'œuvre du cinéma épique tel A TOUCH OF ZEN (1969). Ann Hui voue, dés lors, un attachement particulier au cinéma d'arts martiaux, qu'elle concrétise enfin, en 1996, avec THE STUNT WOMAN, titre que l'on peut traduire par la cascadeuse.

Cette cascadeuse, c'est Ah Kam, incarnée par la charmante Michelle Yeoh. Elle est engagée sur le tournage d'un Wu Xia Pan qui n'est pas sans évoquer WING CHUN (Yuen Woo-Ping-1994), f{Photo 2 de The Stunt Woman} ilm ayant en vedette une certaine... Michelle Yeoh. Elle est dirigée par Tung alias Sammo Hung. Elle tombe alors sous le charme d'un certain Sam.

THE STUNT WOMAN est une étrange pelloche, dotée d'une construction très bancale. Après une première demie heure sur les méandres d'un tournage, on assiste, éberlué, à une amourette à l'eau de rose, puis à une dernière partie plutôt inutile construite avec de grossières ficelles scénaristiques. Cela s'explique par le fait que, suite à une blessure de Michelle Yeoh, le film fut réécrit.

Ce choix est toutefois discutable, tant la première partie, qui se conclut par une scène très violente de bagarre dans un bar, est passionnante. On y découvre les à-côtés de l'industrie cinématographique de la péninsule. Un quotidien plutôt d{Photo 3 de The Stunt Woman} ifficile où règnent la précarité et la compétitivité propre à toute industrie. L'usine à rêves s'avère être une belle fabrique de cauchemars pour ses protagonistes. La blessure de Michelle Yeoh durant le tournage de ce faux « making of » vient, involontairement, enfoncer le clou ! Ann Hui, très courageuse, à l'image de son héroïne, n'hésite pas à dénoncer l'influence néfaste des triades sur la production cinématographique Hongkongaise. Inutile de préciser que les triades, dont on a pu admirer le fonctionnement effrayant dans les deux chefs d'oeuvre de Johnny To ELECTION 1 et 2 (2005-2006), ont moyennement apprécié et n'ont pas beaucoup aidé au financement de THE STUNT WOMAN.

Après cette étonnante relecture de LA NUIT AMERICAINE (François Truffaut-1973), le second tie{Photo 4 de The Stunt Woman} rs de cette bobine, consacré à l'histoire d'amour entre la belle et Jimmy Wong, fait pâle figure. Ce « segment » rébarbatif ne s'avère intéressant qu'à un titre, celui de nous révéler le potentiel dramatique de ses interprètes. Jimmy Wong, inconnu en occident et dont c'est ici le premier rôle, s'avère très convaincant, tout comme Michelle Yeoh, sur laquelle le temps ne semble avoir aucune emprise. Cette dernière sort ici du registre « bourre pifs et taloches », dans lequel elle excelle (la liste de films à citer est trop longue!!!), et s'avère brillante. La belle attendra toutefois d'être presque quarantenaire pour connaître une gloire méritée avec TIGRE ET DRAGON d'Ang Lee (2000), un hommage au Wu Xia Pan. L'autre révélation de THE STUNT WOMAN est... Sammo Hung! Avec déjà plus d'une centaine de long métrages au compteur en cette année 1996, cet acteur aux capacités physiques hallucinantes (beaucoup d'ostéopathes cherchent encore le secret de son ossature en chewing-gum) exprime ici, pour la première fois, tout son potentiel dramatique. Il lui faudra patienter jusque 2005 avec l'inégal SPL de Wilson Yip pour trouver un autre rôle à la hauteur de son talent.

Cette équipe de cinéma se trouve, malgré elle, entraînée vers une conclusion rocambolesque. Le spectateur ne peut qu'être partagé devant ce final déconcertant où réalité et fiction se mélangent quelque peu et crier soit au génie, soit à l'escroquerie. Ce dernier tiers plutôt superficiel ne constitue toutefois pas un obstacle au visionnage de ce film inégal mais très attachant.

Jérôme Pottier
22/12/2009
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