The Torturer


ORIGINE
Italie
The Torturer Affiche

ANNEE
2006
REALISATION

Lamberto Bava

INTERPRETES
Simone Corrente
Elena Bouryka
Emilio De Marchi
AUTEUR DE L'ARTICLE: Patryck Ficini
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Critique The Torturer
{Photo 1 de The Torturer} Un maniaque auditionne de superbes jeunes femmes. Il en profite pour les torturer atrocement. Pendant ce temps, un auteur de théâtre un peu bizarre et une jolie fan, Ginette ( !), sortent ensemble. L'auteur et le tueur seraient-ils le même homme ?

Lamberto Bava revient ici à l'horreur pure, après des années de séries télé principalement axées sur la fantasy pour la jeunesse. C'est en soi un évènement, qui s'associe d'ailleurs avec la réalisation d'un autre film fantastique, GHOST SON. Contrairement à ce dernier, vraisemblablement plus classieux, THE TORTURER est un petit film de tortures tourné en digital, avec un budget des plus réduits. Ce qui ne l'empêche nullement, malgré son scénario-prétexte bien mince, de soutenir en permanence l'i{Photo 2 de The Torturer} ntérêt du spectateur. Soyons clairs : l'intrigue est absolument inintéressante et l'on démasque le coupable bien avant la fin (ce qui nous éloigne largement des giallos avec lesquels THE TORTURER n'a que peu à voir, hormis la représentation graphique de la violence). Seules les très nombreuses scènes de tortures passionnent et remplissent pleinement leur rôle, effrayer, voire exciter le spectateur sadique. Car c'est bien de sadisme dont il s'agit ici. Lamberto Bava, sur un sujet co-écrit par Dardano Sacchetti, ne fait pas dans la dentelle. Les tortures n'arrêtent pas, entrecoupant fébrilement des scènes de bavardage et d'idylle entre les deux héros, du pur remplissage qui n'inquiète que lorsque le jeu érotique des amants se rapproche du viol simulé. Par deux fois, c'en est même troublant.

Les sévices quant à eux sont magistralement filmés et montés, avec un vrai point de vue sadique et sur une musique qu'apprécierait Dario Argento. Ils sont en outre très variés (électrocution sur un fauteuil roulant, métal fondu versé sur la chair, chalumeau, arrachage de piercing sur un sein pour l'enfoncer aussitôt dans l'autre... On se croirait dans le roman-photo italien Satanik, pour le côté catalogue !). Preuve de bon goût, si l'on peut dire, les tortures sont toutes exercées sur des filles vraiment très sexy, qui pourraient aisément faire une jolie carrière dans le X . Ce rapprochement avec le genre pornographique n'est pas anodin. Au fond, THE TORTURER, c'est cela, un porno soft de première classe, où les scènes sexuelles sont remplacées par des tortures. Concept primaire mais quelque part génial, qui est celui des FANTOM KILER de Roman Nowicki, avec une sacrée différence qualitative. Contrairement au vidéaste polonais, Lamberto Bava est un authentique metteur en scène qui donne un cachet artistique à THE TORTURER, loin du style Z dominant les FANTOM KILER. Là où Nowicki fait dans la vulgarité assumée et dans un amateurisme évident, Bava témoigne d'un réel sens esthétique déviant. Preuve en est cette belle scène nocturne où l'héroïne découvre son amie enterrée vivante sous une pluie battante. L'émotion est intense lorsqu'elle meurt dans ses bras. Lamberto Bava transcende ici son matériau de base pour un vrai moment de cinéma. De même, une forte tension habite les tortures, qui, jamais dédramatisées ou ratées, ne prêtent nullement à rire, à l'inverse des meurtres des FANTOM KILER.

Le final est survolté, habité par une grande brutalité : coups de fouet aux lanières munies de crochets, filles attachées sur une roue ou sur une croix, mâchoire brisée, fameuse scène du piercing mais aussi supplice serialesque de l'héroïne promise à la noyade au fond d'une fosse. Tout le talent de Bava junior explose ici, sans freins. Dommage que le fou psychopathe joue comme un cochon, ce qui est au fond un détail pour un film de ce type.

THE TORTURER marque le grand retour de l'héritier des Bava. Comme Argento, il fait du massacre un art dérangeant, à la beauté malsaine.

Patryck Ficini
22/12/2009
Cet article est paru dans Sueurs Froides n°32
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