Tout ce que le ciel permet

All That Heaven Allows


ORIGINE
USA
Tout ce que le ciel permet Affiche

ANNEE
1955
REALISATION

Douglas Sirk

INTERPRETES
Jane Wyman
Rock Hudson
Agnes Moorehead
Conrad Nagel
Critique Tout ce que le ciel permet
{Photo 1 de Tout ce que le ciel permet} Mélodrame typique du cinéma de Douglas Sirk (jadis vilipendé par la critique bien-pensante qui lui reprochait de « faire de la romance gnan gnan» et aujourd'hui réévaluer comme un des grands maîtres hollywoodiens), TOUT CE QUE LE CIEL PERMET déroule une intrigue simple et naïve. Dans une petite ville américaine où règnent les préjugés vont se rencontrer deux personnes que tout oppose : Cary Scott, veuve d'une quarantaine d'années plutôt aisée, vit dans une grande maison en compagnie de ses deux enfants à présent aux études. Ron Kirby, de son côté, est jardinier, un homme simple et plus jeune d'une dizaine d'années. Ils se rencontrent et Kirby propose rapidement à Cary de l'épouser. Mais ses enfants ne l'acceptent pas et{Photo 2 de Tout ce que le ciel permet} la population locale n'hésite pas à colporter les pires ragots sur le couple nouvellement formé.

Dans le rôle de cette veuve esseulée (à qui son fils conseille l'achat d'un téléviseur pour « passer le temps et avoir de la compagnie») nous retrouvons Jane Wyman (seulement âgée de 38 ans mais présentée comme une femme « mûre »), quatre fois nominée à l'Oscar (elle obtiendra la statuette pour JOHNNY BELINDA en 1947) connue également pour sa prestation sur l'interminable soap « Falcon Crest » durant les années '80.

A ses côtés, le beau mâle est joué par le tout juste trentenaire Rock Hudson, alors une des stars incontestées de l'Amérique, que Sirk fit tourner à huit reprises.

On le voit, une histoire toute simple ({Photo 3 de Tout ce que le ciel permet} qui aurait pu servir de trame à un bouquin type Harlequin) que Sirk magnifie par une mise en scène élégante et une photographie splendide. Les couleurs sont éclatantes et vives tandis que les éclairages sont contrastés à souhait, la palette chromatique utilisée anticipant d'ailleurs, par moment, les excès du bis italien de Mario Bava et Dario Argento, notamment lorsque les visages sont littéralement rougis de colère. Le support Blu-ray est donc idéal pour redécouvrir ce flamboyant technicolor quoique tout ne soit pas parfait dans le master utilisé : parfois légèrement floue ou trop granuleuse l'image reste, malgré tout, de qualité et la bande sonore sans reproche.

Revu aujourd'hui, TOUT CE QUE LE CIEL PERMET constit{Photo 4 de Tout ce que le ciel permet} ue surtout un témoignage des plus intéressants sur l'Amérique des années '50 engoncées dans ses préjugés. Il présente, de manière ironique, l'arrivée de la télévision (censé aider les veuves et autres vieilles filles à tromper leur ennui : « tournez le bouton et vous aurez toute la compagnie désirée ») et aborde le thème de la quête d'une vie plus simple et dépouillée, un « retour à la nature » pré-hippie puisque le bonheur ne se trouve pas dans la vaste demeure citadine mais bien dans un moulin à demi en ruine patiemment restauré. D'ailleurs, pour subsister, le jardinier fait pousser des arbres et précise que cela demande une réelle patience (« si vous n'êtes pas patient ne le faite pas ») et plusieurs années de labeur. Le film promeut ainsi une sorte de « slow life » et s'attarde sur la reconstruction du moulin, aux intérieurs très travaillés par le cinéaste, avec cette théière délicatement recollée et cette grande flambée dans la cheminée typique du « home sweet home » à l'américaine. Sirk déclarait d'ailleurs à ce sujet : « Ce désir de retour à une vie primitive et simple était à mon avis parfaitement incarné par cet homme qui s'occupait de faire pousser des arbres, vivait dans un jardin et méprisait l'argent et la haute bourgeoisie."

Sans trop se soucier de réalisme, le film offre quelques rebondissements mélodramatiques (la chute de Kirby) et s'achève sur un final quasi miraculeux avec l'apparition d'un cerf. Une belle réussite.

Frédéric Pizzoferrato
29/07/2016
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Sueurs Froides.fr > Critique > Retrospective
AUTEUR DE L'ARTICLE: Frédéric Pizzoferrato
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Tags du film
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