Trains de Cauchemar

Les Derniers Trains de la Nuit


ORIGINE
France
Trains de Cauchemar Affiche

LITTÉRATURE
ANNEE
2012
AUTEUR
Philippe Gontier
Critique Littéraire Trains de Cauchemar
« Alors je vis qu'au bout de son bras droit une chose sanglante, broyée, informe, une bouillie de chair, d'os et de sang, pendait. » (Maurice Level, P. 183)

Les Aventuriers de l'Art Perdu s'associent aujourd'hui à la Clef d'Argent pour l'édition d'un ouvrage tout à fait dans l'esprit de leur BOUDOIR DES GORGONES.

TRAINS DE CAUCHEMAR, anthologie ferroviaire comme son titre l'indique, est le premier volume d'une nouvelle collection de la Clef (qui les multiplie avec bonheur ces dernières années). Terreurs Anciennes est entièrement consacrée au fantastique et à l'épouvante d'autrefois. Un second recueil sur les trains devrait d'ailleurs suivre.

TRAINS DE CAUCHEMAR contient 26 textes (nouvelles ou extraits de romans pouvant se savourer indépendamment de l'oeuvre complète), écrits par des stars comme Maupassant, Zola, Lorrain ou Level (LE CRIME DE LA RUE PERGOLESE, brillant) mais aussi (et c'est là, forcément, le plus intéressant) par de « grands » oubliés de l'histoire littéraire comme Pierre Vernon, Paul-Hubert ou Jean Jaubert.

TRAINS DE CAUCHEMAR se divise en 3 parties (noir, fantastique et anticipation, pour faire simple) ; c'est la première, forte de 19 textes , qui est la plus impressionnante avec ses récits d'agressions et de mutilations en wagon et ses nouvelles-catastrophes (comme il y a des films du même nom). Deux genres inspirés des faits divers du XIXème siècle, comme l'attestent la préface de Philippe Gontier et des documents fournis en annexe (pour aller plus loin). Des récits qui reflètent les craintes et les angoisses d'une époque où, déjà, tout progrès technologique laissait craindre le pire.

Les trains... Cette vitesse affolante, cette promiscuité obligatoire, ces bêtes quasi aveugles qui foncent dans les ténèbres chargés de victimes et d'assassins potentiels, quand ils ne courent pas au déraillement et à la collision obligatoires. Les auteurs, Zola en tête avec LA BETE HUMAINE (et son tueur fou), décrivent souvent les trains comme des monstres.

Tous ces textes ont en commun la peur qu'inspire le chemin de fer, pas même toujours surnaturelle. Les textes les plus noirs sont déjà à l'origine de certains romans policiers ferroviaires, avec leur cortège de crimes en lieux clos.

Tous les récits sont complétés par des postfaces passionnantes qui nous en apprennent, quand cela est possible, un peu plus sur leurs auteurs. Certains, comme le Jaubert du génial récit-catastrophe LE TUNNEL DE GIBRALTAR, resteront au moins un temps de parfaits inconnus. Le chercheur et découvreur de talents et merveilles sait bien qu'il ne faut jurer de rien : une revue obscure (ou non spécialisée) peut receler en son sein un écrivain qui l'est encore plus mais qui ne devrait pas le rester, serait-il l'auteur d'un seul coup de génie.

TRAINS DE CAUCHEMAR répare donc des injustices et tient toutes ses promesses (même si certains auraient pu désirer lire une anthologie uniquement fantastique, ou seulement composée de récits complets).

Gageons qu'après l'avoir lue, on ne prendra plus le train, même aujourd'hui, de la même manière. Malgré les progrès technologiques, les trains peuvent encore, en ce siècle, demeurer des objets de peur. Délinquants, fous furieux et accidents n'ont pas disparu. Quant aux spectres et aux créatures de l'au-delà, n'en parlons même pas !

Patryck Ficini
29/01/2012
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Patryck Ficini
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