Triptyque (Black bird – Le successeur – Echos d'une vallée)


ORIGINE
France
Triptyque (Black bird – Le successeur – Echos d'une vallée) Affiche

ANNEE
2015
REALISATION

Victor-Alexis Ferrand
Laure Bompieyre

INTERPRETES
Victor-Alexis Ferrand
Laure Bompieyre
AUTEUR DE L'ARTICLE: Patrick Barras
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Critique Triptyque (Black bird – Le successeur –
{Photo 1 de Triptyque (Black bird – Le successeur – Echos d'une vallée)} Victor-Alexis Ferrand et Laure Bompieyre nous présentent trois courts-métrages produits de manière indépendante, à la forme qui pourra apparaître déconcertante pour certains, et qui s'appliquent à mettre en lumière les rapports que nous entretenons avec la nature. Démonstration empreinte d'onirisme, de poésie, de fantastique ou encore de science-fiction...

BLACK BIRD est axé sur une tentative de retour à la nature, de la part d'une jeune femme qui décide de fuir le tumulte de la vie urbaine. Fuite en partie motivée et accompagnée par un vol de corneilles qu'elle croise sur son chemin.

LE SUCCESSEUR (librement inspiré du HORLA de Maupassant) nous dépeint un personnage énigmatique, à la peau noire et engendré dans le lit d'une rivière, qui s'avère être chargé de dé{Photo 2 de Triptyque (Black bird – Le successeur – Echos d'une vallée)} truire une humanité désormais indigne d'une nature dont elle a oublié qu'elle était elle-même l'enfant.

ÉCHOS D'UNE VALLÉE, enfin, met en scène un seul et unique personnage humain déambulant dans un monde dévasté et désertique, engoncé dans une combinaison protectrice et affublé d'un instrument de mesure dérisoire. Sa tâche semble consister à rechercher des traces de vie dans des paysages peut être hélas définitivement et désespérément stériles.

Ces trois courts font montre, une fois leur vision successive achevée, d'une bonne unité formelle due en premier lieu à un mélange entre plans filmés et photographies. Mélange qui influe sur le rythme du montage de chacun. Nous sommes ici face à un cinéma avant tout contemplatif où l'intervention d'une part de "roman photo"viendrait nous rappeler qu'il convient peut-être d'envisager un plan, avec son rapport au son, comme la composante principale du langage cinématographique, comme unité plastique qu'il faut savoir prendre le temps de lire pour mieux l'apprécier. Démarche didactique assumée ? Peut être... Mais elle est en tout cas à l'origine de la tonalité poétique et onirique qui nimbe l'ensemble.

Une unité formelle qui est aussi maintenue par l'introduction d'une quantité importante de prises de vues animalières, qu'elles soient photographiques ou cinématographiques, dont on peut très bien imaginer toutes les difficultés qu'elles peuvent présenter et la maîtrise qu'elles demandent.

Au final Victor-Alexis Ferrand et Laure Bompieyre nous proposent un triptyque qui se rapproche de la{Photo 4 de Triptyque (Black bird – Le successeur – Echos d'une vallée)} définition qu'on lui attribue dans l'Art pictural dans le sens où il offre une déclinaison thématique axée sur la temporalité. Pour être plus explicite, envisageons le fait que les trois films nous exposent trois instants consécutifs qui pourraient se résumer, si l'on se prenait à changer les titres, par : IL EST ENCORE TEMPS, LA FIN EST PROCHE et EST-IL TROP TARD ? Trois instants juxtaposés d'une même histoire comme on peut en apercevoir dans un retable de la Renaissance. Toujours est il que la forme du triptyque permet sans doute de nous fournir une lecture plus aisée de l'ensemble.

Car pour le reste il est certain que ce TRIPTYQUE peut fort bien déstabiliser plus d'un spectateur, tant il se situe aux antipodes de ce qui nous est généralement projeté. La lenteur, l'absence de dialogues ou de commentaires, l'approche "arty" et les partis-pris radicaux des deux auteurs seront probablement les causes d'un certain inconfort. LE SUCCESSEUR en particulier, même s'il est doté de cartons venant expliciter certains éléments de son "récit" peut se révéler foncièrement abscons lors de sa première vision ou tout simplement pris séparément.

Travail sur lequel plane l'ombre de Chris Marker (celui de LA JETÉE s'entend), cinéma de plasticiens (ce qui bien entendu est bien loin d'être ici un terme dépréciatif...), l'oeuvre de Victor-Alexis Ferrand et Laure Bompieyre fait à coup sûr figure d'OFNI aux accents écologistes et humanistes bien affirmés...

À vraiment découvrir, ne serait-ce que pour nous sortir de nos sentier parfois un peu trop balisés.

Patrick Barras
19/04/2016
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