Trois filles dans le vent


ORIGINE
France
Trois filles dans le vent Affiche

ANNEE
1981
REALISATION

Jean-Marie Pallardy

INTERPRETES
Jean-Marie Pallardy
Sirpa Lane
Gordon Mitchell
Marilyn Jess
Critique Trois filles dans le vent
Gordon Mitchell, outré que son dernier film (un western) fasse un bide total au cinéma, du fait de la prolifération de films pornographiques, a une idée. Avec quelques comparses, il enlève une star du porno, Sirpa Lane, et demande une rançon à son mari, réalisateur de films pornographiques.

En 1981, Jean-Marie Pallardy, toujours caché derrière le pseudo Boris Pradley, se lance dans la réalisation de TROIS FILLES DANS LE VENT, qu'il co-scénarise et produit, et dans lequel il incarne un membre de l'industrie du porno. Pour ce film, il s'adjoint les services de Sirpa Lane, qui joue son propre rôle, mais surtout de Gordon Mitchell. Ce dernier, acteur physique ayant incarné Maciste, joué dans des Sinbad et autres peplums, entre-autre, incarne lui aussi son propre personnage. TROIS FILLES DANS LE VENT appartient au coffret « Les inédits interdits de Brigitte Lahaie et Marylin Jess ». C'est cette dernière qui est présente dans le film qui nous intéresse ici.

La vision de métrages pornographiques confirme le sentiment laissé par PENETRATIONS MEDITERRANEENES ou EMMANUELLE A CANNES. Jean-Marie Pallardy aimerait visiblement faire autre chose que ce genre de films, rêve de cinéma d'action, ou autre, genres dans lesquels il a déjà officié. Pourtant, TROIS FILLES DANS LE VENT lui permet de livrer une sorte de chef d'oeuvre partant dans toutes les directions, un film certes pornographique, mais aussi complètement fou, qui se montre fascinant de la première à la dernière minute.

Le spectateur (qui cherchera tout le film à comprendre le sens du titre par rapport à ce qu'il regarde, sans succès d'ailleurs) voit TROIS FILLES DANS LE VENT débuter par une séquence western. Et, si le réalisateur a déjà, par le passé, mélangé érotisme et western (L'ARRIERE-TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS et REGLEMENT DE FEMMES A OQ CORRAL), il s'agit ici d'un film dans le film, dernier métrage en date de Gordon Mitchell. Il est projeté dans un cinéma quasi vide, ne contenant que trois personnes. Un homme, passionné de ce qu'il voit, et deux demoiselles à la plastique superbe, qui mettent tout en œuvre pour que le monsieur cesse de s'intéresser à l'écran, mais s'occupe de leur corps.

Passé cette introduction, qui permet à Boris Pradley, d'une part de poser son intrigue, montrant Gordon Mitchell dépité, qui expose son plan pour gagner de l'argent, et d'autre part de faire plaisir aux amateurs de séquences de sexe, TROIS FILLES DANS LE VENT développe son intrigue. Tout d'abord, nous y suivons une équipe de tournage d'un film classé X, et ainsi découvrons Sirpa Lane, mais aussi Jean-Marie Pallardy lui-même, essayant, en compagnie d'un scénariste complètement farfelu, de finir son film. Les scènes permettent de livrer le quota de séquences de sexe (classiques mais excitantes, avec de superbes actrices), et d'autre part de faire montre d'un humour étrange et décalé, avec un jusqu'auboutisme qui frise le respect, le scénariste étant, à ce titre, fascinant. Il semble sorti d'un sketch de Benny Hill et de mister Bean et déploie des gestes et des propos complètement exagérés, formant un toutétrange et déroutant.

Là dessus, Sirpa Lane se fait enlever, au cours d'une course-poursuite pleine d'action, un peu malsaine, qui crée une dichotomie avec la pornographique vue jusqu'alors. Le mélange est atypique, avec une imagerie des polars italiens des années 70, et déstabilise complètement le spectateur, qui n'est pas au bout de ses surprises. Car, entre les recherches menées violemment par son mari pour la retrouver (le spectateur n'aurait pas été surpris d'assister à une séquence de torture), et la tentative de fuite de Sirpa Lane qui fait penser à du Tex Avery érotique, il est visible que Jean-Marie Pallardy se laisse porter par nombre d'influences, et ne veut surtout pas se refréner.

C'est ainsi que les souvenirs évoqués par Gordon Mitchell sont les prétextes à déployer de longs stock-shot de peplum, et qu'une autre tentative d'évasion de Sirpa permet l'utilisation de snuff animalier marin. Autant dire que l'amateur de pornographie classique sera surpris du menu qu'on lui sert, mais que l'amateur de délire cinématographique décalé sera aux anges. Pourtant, Jean-Marie Pallardy n'en oublie pas qu'il œuvre dans le X, et délivre ses séquences. Mais, si les premières étaient intégrées dans l'intrigue, les suivantes, si elles sont les plus réussies (surtout un 69 vertical des plus acrobatique, en compagnie d'une beauté absolument inoubliable), ne sont même plus intégrées à l'histoire, et apparaissant, comme des rêves ou des mirages.

Le spectateur, complètement perdu dans cet univers à la cinématographie des plus fascinante, mais scénaristiquement étrange, n'a plus qu'à se laisser porter, jusqu'à un final, entre comédie musicale et blagues issues d'un « bip bip et le coyote » sous acide (la séquence où un des ravisseurs se retrouve enroulé dans du papier toilette est inoubliable).

TROIS FILLES DANS LE VENT n'est certes pas parfait, mais tellement fou qu'il en est inoubliable, le genre de métrage que tout amateur de cinéphilie déviante et étrange se doit de découvrir, tant un ouragan de folie souffle à travers tout le film.

Yannik Vanesse
03/10/2014
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AUTEUR DE L'ARTICLE: Yannik Vanesse
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