Tuer & La Lame Diabolique

Kiru - Ken Ki


ORIGINE
Japon
Tuer & La Lame Diabolique Affiche

ANNEE
1962/1963
REALISATION

Kenji Misumi

INTERPRETES
Raizô Ichikawa
Shiho Fujimura
Mayumi Nagisa
Masayo Banri
Critique Tuer & La Lame Diabolique
{Photo 1 de Tuer & La Lame Diabolique} Ils ont du nez chez Wild Side en nous servant dans le coffret Mizumi deux métrages jumeaux. Pour commencer TUER dans lequel un samouraï adopte sur ordre de son seigneur un bébé dont la naissance est marquée par la tragédie. Puis vient LA LAME DIABOLIQUE où un vassal sans rang adopte sur ordre de son seigneur un bébé dont la naissance... Vous avez compris. Si les points communs abondent tant sur le fond que sur la forme, le savoir-faire de Mizumi permet un plaisir intact à chaque vision, à condition d'apprécier le Jidaï Geki. Parce qu'on rigole pas avec le Jidaï Geki. Il y a des formes et il faut les respecter, on tue pour moins que ça dans le Japon Ancien. TUER commence par une mise à mort hystérique mais désintéressée et respectueuse qui va marquer le destin du héros. Shingo, puisque c'est son nom, a été confié au soin d'un vieux samouraï. Le seigneur lui demande d'être indulgent avec ce bébé au karma déjà chargé. Le temps passe et l'enfant est devenu un beau jeune homme mélancolique qui éprouve le besoin de voir à quoi ressemble le monde, au grand dam de sa sœur et de son père, inquiets mais pas trop. Miracle de l'ellipse, trois ans s'écoulent et le fils prodigue revient juste à temps pour se mesurer à un champion de sabre et l'humilier avec une botte inspirée par une rencontre lors de son voyage. Mais la tragédie veille et se manifeste sous les traits épais d'un voisin jaloux et bête qui, acculé, tue froidement le père et la sœur de Shingo. C'est l'heure des révélations et le jeune homme apprend le destin tourmenté de ses parents biologiques, jouets d'une société rigide à l'extrême où les sentiments passent après l'honneur.

LA LAME DIABOLIQUE commence pour sa part sous le signe de la folie individuelle et finira dans la folie meurtrière d'un village ligué contre l'un des siens. C'est l'histoire de Hanpei, jeune homme à la généalogie douteuse puisqu'on dit dans le château que son père est un chien. Sa mère meurt juste après l'avoir mis au monde. Il est alors confié à un vassal. Après la mort naturelle de ce dernier Hanpei se découvre un don pour le jardinage et la course à pied, deux talents qui lui permettront de gravir quelques barreaux dans l'échelle sociale. Cette ascension ne se fait pas sans provoquer des incidents et déclencher la jalousie des voisins. Un jour, alors qu'il ramène de la terre pour ses précieuses fleurs, Hanpei surprend un ronin s'entraînant dans les bois et lui demande de devenir son maître. C'est le début d'une passion et d'un apprentissage qui feront du jeune jardinier un assassin. En effet, il devient le bras armé d'un proche du seigneur qui souhaite éliminer tous les ennemis de son maître. C'est-à-dire ceux qui voudraient divulguer la folie, réelle, du seigneur mais aussi les espions shogunaux qui attendent de démanteler le clan ou encore les autres vassaux qui voudraient voir régner un autre. Grâce à sa maîtrise du sabre et sa vitesse Hanpei devient un parfait tueur allant jusqu'à abattre son père spirituel qui lui avait enseigné l'art du sabre.

Les deux films traitent du même sujet, l'impossibilité d'échapper à son destin dans une société rigoriste à l'extrême. Les deux personnages principaux incarnés par Ishikawa Raïzo, transfuge du Kabuki, sont condamnés à la solitude bien que doués de talents rares. Leur don et leur maîtrise du sabre les empêchent de jouir d'une vie simple. En effet, la jalousie et la méfiance nuisent à toute normalité dans les relations. TUER voit Shingo se suicider après avoir échoué à protéger son maître et Hanpei disparaît après un dernier massacre, certainement pour mourir seul, loin des hommes qui l'ont traité comme un chien toute sa vie. Même l'amour est victime de la violence, qu'il soit chaste ou consommé, pour une femme ou pour un homme. L'homosexualité masculine tient bien sûr un rôle important, le sabre comme substitut phallique ayant du mal à passer inaperçu.

Le petit documentaire livré avec TUER donne la parole à une actrice qui sait prendre des risques pour les rôles, un chef décorateur agonisant sur un lit d'hôpital, un assistant réal frustré et jaloux qui pensent que les Français sont homos et une membre du fan club de Ishikawa Raïzo qui a du mal à lire son texte. Les trois films du coffret sont traités, on ne s'ennuie pas, c'est sympa.


22/12/2009
Cet article est paru dans Sueurs Froides n°23
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Tags du film
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