Un dollar entre les dents

Un dollaro tra i denti


ORIGINE
Italie
Un dollar entre les dents Affiche

ANNEE
1967
REALISATION

Luigi Vanzi

INTERPRETES
Tony Anthony
Frank Wolf
Gia Sandri
Jolanda Modìo
Aldo Berti
Lars Bloch
AUTEUR DE L'ARTICLE: Frédéric Pizzoferrato
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Critique Un dollar entre les dents
{Photo 1 de Un dollar entre les dents} L'acteur américain Tony Anthony (né en 1937) campe pour la première fois l'Etranger dans ce western tourné par Luigi Vanzi à la grande époque du genre (1967). Ce personnage s'apparente à un décalque de l'Homme sans nom incarné par Clint Eastwood et, vu le succès, il revint dans trois séquelles, le très classique UN HOMME, UN CHEVAL ET UN PISTOLET, le déjà plus étrange LE CAVALIER ET LE SAMOURAI et le complètement délirant et anachronique PENDEZ LE PAR LES PIEDS. Vanzi réalisa les trois premiers volets tandis que Ferdinando Baldi s'occupa du dernier opus, bien plus tardif (filmé en 1975). Tony Anthony reste également célèbre pour son personnage de pistolero aveugle inspiré de Zatoïchi dans le déjanté BLINDMAN LE JUSTICIER AVEUGLE du même Baldi dans lequel il affront{Photo 2 de Un dollar entre les dents} e Ringo Starr. Enfin, au début des années '80, en plein éphémère revival de la 3D, Baldi et Anthony se retrouvèrent pour deux productions en relief, LA VENGEANCE IMPITOYABLE et LE TRESOR DES QUATRE COURONNES. Bref une poignée de titres saugrenus qui firent (et font encore) le bonheur des bisseux.

Beaucoup plus traditionnel, UN DOLLAR ENTRE LES DENTS reprend un scénario rachitique fortement inspiré par les deux premiers Leone. Le bandit mexicain Aguilare (Frank Wolf, en roue libre), déguisé en militaire, s'empare d'une forte somme d'or envoyée par le gouvernement des Etats-Unis avec l'aide d'un mystérieux Etranger se faisant passer pour un capitaine de l'armée US. Mais très vite, le gourmand Etranger réclame la moitié du butin et le Mexicain refuse. Le combat estinévitable...

Tony Anthony, pas toujours très crédible en tueur impitoyable, s'en prend plein la figure pendant toute la première moitié du film qui aligne les figures imposées : passages à tabac, violences gratuites, etc. L'acolyte du méchant, façon dominatrice sadique (Gia Sandri, vue dans LES NUITS EROTIQUES DE POPPEE et DEUX PISTOLETS POUR UN LÂCHE) fouette même le héros en jubilant avant de se jeter sur lui avec empressement. Niveau brutalités on note encore deux passages jadis censurés réintégrés dans cette version intégrale : un prêtre noyé par l'adjoint d'Aguilare et un bébé menacé à l'aide d'un couteau.

Malgré cette bonne volonté, le long-métrage pâtit d'un budget misérable. Quasiment aucun figurant, des costumes pouilleux (la tenue d'Anthony calquée sur celle d'Eastwood semble issue d'un magasin de déguisement à bas prix), des erreurs flagrantes (le bébé change de visage d'un plan à l'autre, une protagoniste décédée est revue chevauchant avec les bandits un peu plus tard, les impacts de balles précèdent les tirs de mitrailleuse, etc.). La musique de Benedetto Ghiglia, pour sa part, se limite à quelques lignes mélodiques certes plaisantes mais réutilisées jusqu'à l'épuisement. Et les décors, notamment la fameuse carrière des alentours de Rome, ont déjà été vus et revus.

Quelques notes d'humour fonctionnent cependant (le méchant n'arrête pas de questionner ses hommes sur ce qu'il est et ceux-ci lui répondent invariablement « un homme droit ») mais le rythme s'avère terriblement lent. Le cinéaste semble avoir confondu longueurs et ambiances (n'est pas Leone qui veut) ce qui donne à l'ensemble un côté très longuet en dépit d'une durée réduite à 85 minutes. Heureusement, le dernier tiers, plus nerveux et efficace, récompense le spectateur de sa patience et offre un bel affrontement, complètement improbable et déséquilibré, entre l'Etranger, armé d'un fusil deux coups à canon court, et toute la bande de méchants équipés de six-coups et même d'une mitrailleuse Gatling.

Prototype du western spaghetti de série à tout petit budget, UN DOLLAR ENTRE LES DENTS permettra aux inconditionnels du genre de passer un bon moment, notamment grâce à sa distribution de « gueules ». Les autres, moins fanatiques de l'Ouest à l'italienne, se tourneront plus volontiers vers des titres plus réputés.

Frédéric Pizzoferrato
13/07/2019
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