Une corde, un colt

Cimitero senza croci
Cemetery Without Crosses
Friedhof ohne Kreuze
The Rope and the Colt


ORIGINE
France, Italie
Une corde, un colt Affiche

ANNEE
1969
REALISATION
Robert Hossein
INTERPRETES
Michèle Mercier
Robert Hossein
Guido Lollobrigida
Serge Marquand
Daniele Vargas
Michel Lemoine
Critique Une corde, un colt
{Photo 1 de Une corde, un colt} Maria Caine assiste impuissante à la pendaison de son mari, Ben, par le gang Rogers. Ben et ses deux frères Eli et Thomas avaient décidé de voler l'argent récupéré par les Rogers à la suite de la vente d'un troupeau. Ils y sont parvenus mais une poursuite s'est alors engagée entre les deux familles rivales, aboutissant à la capture de Ben tandis que ses deux frères parvenaient à s'échapper de justesse.

Maria n'a plus qu'une chose en tête : la vengeance. Elle va quérir l'aide de Manuel, un pistolero qui vit comme un ermite dans une ville fantôme. Il était autrefois le meilleur ami de Ben. Maria paie Manuel pour qu'il kidnappe Johanna, l'unique fille du patriarche Rogers. Une fois Johanna entre ses mains, Maria sera en mesure de poser ses conditions à ses ennemis...

Acteur et metteur en scène autant pour le théâtre que pour le cinéma, Robert Hossein est une figure du spectacle dans notre pays, toujours en activité après une carrière ayant débuté quelques années après la seconde guerre mondiale. En ce qui concerne le 7ème Art, il a tourné pour Roger Vadim, André Hunebelle, Henri Verneuil ou Georges Lautner, pour ne citer qu'eux. Auprès du « grand public », Robert Hossein restera{Photo 2 de Une corde, un colt} surtout le Joffrey de Peyrac de la saga ANGELIQUE, MARQUISE DES ANGES. Le couple qu'il forma alors avec Michèle Mercier durant les cinq épisodes réalisés entre 1964 et 1968 demeurera à jamais l'un des plus célèbres du cinéma hexagonal. Mais la majeure partie de ce public ignore encore qu'un an après le dernier volet des ANGELIQUE, Robert Hossein mit en scène un western dans lequel il jouait également avec Michèle Mercier. Ce film, UNE CORDE, UN COLT, vit le jour parce que Robert Hossein était un ami de longue date de Sergio Leone. Il aurait d'ailleurs dû jouer dans POUR UNE POIGNEE DE DOLLARS, de même qu'il était prévu qu'il interprète un adjoint du shérif dans IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST. Mais Robert Hossein était à l'époque lié avec la firme Gaumont, et cette dernière refusa net que l'acteur s'engage dans un western de Sergio Leone.

C'est certainement à cause de ces occasions manquées que Hossein décida de réaliser lui-même un western spaghetti dans lequel il pourrait incarner ce rôle de pistolero qui lui tenait à cœur. A l'époque, il n'était pas novice dans la mise en scène dans la mesure où il avait déjà une dizaine de films à son actif, parmi lesquels TOI... LE{Photo 3 de Une corde, un colt} VENIN et LE VAMPIRE DE DÜSSELDORF. Avec des fonds français et italiens, il partit donc en Espagne, à Almeria, où bon nombre de westerns spaghettis avaient été réalisés. Pour l'anecdote, SHALAKO se tournait en même temps qu'UNE CORDE, UN COLT ; Robert Hossein eut ainsi l'opportunité de croiser Brigitte Bardot, et d'évoquer leurs souvenirs de tournage dans LE REPOS DU GUERRIER.

A la vision d'UNE CORDE, UN COLT, il va de soi que le film reprend tous les codes du western italien : héros solitaire et taciturne, quête de vengeance, lutte de clans, shérif subissant la loi des truands... La haine qui oppose les deux familles, les trahisons et l'amour impossible des deux personnages principaux ne fait qu'amplifier l'aspect « tragédie grecque » qui se dégage de l'œuvre ; une tendance que l'on retrouvait déjà dans le western spaghetti à l'époque de son apogée (l'un des meilleurs exemples étant LE RETOUR DE RINGO, de Duccio Tessari). Le film de Robert Hossein, en cela, n'a rien de foncièrement original. Son rythme est même particulièrement lent, et le fait qu'il y ait très peu de dialogues tout au long du métrage accentue un peu plus cette sensation de lenteur. L'essentiel des émoti{Photo 4 de Une corde, un colt} ons de la plupart des protagonistes passe ainsi par les regards. Curieusement, ce film qui n'a rien de drôle se permet une scène comique ayant pour cadre la maison du clan Rogers. Tout le monde est attablé pour le dîner, personne ne dit mot. Les visages sont tournés en direction de Manuel, des sourires complices sont échangés entre chaque membre de la famille, mais pas le moindre dialogue jusqu'à la fin, où il s'avère que Manuel est victime d'une blague inattendue. Cette scène, Robert Hossein l'expliquait dans une interview, fut tournée par Sergio Leone en personne, venu rendre visite à l'acteur/réalisateur français à Almeria.

Coproduction avec l'Italie oblige, on retrouve dans le film quelques acteurs incontournables comme Daniele Vargas, vu dans moult péplums, Guido Lollobrigida, un habitué des westerns spaghetti et Ivano Staccioli, spécialisé également dans le péplum, mais aperçu également dans le KRIMINAL d'Umberto Lenzi ou encore dans LA MORT CARESSE A MINUIT, un giallo de Luciano Ercoli.

Concernant le casting français, notons la présence de Serge Marquand, acteur remarquable qui était le frère de Nadine Trintignant, et celle de Michel Lemoine, qui fit une bonne partie de sa carrière en Italie avant de revenir en France pour devenir à son tour réalisateur, se lançant tour à tour dans le cinéma érotique puis pornographique. On retient de lui ses prestations dans quelques œuvres « nouvelle vague » de José Benazeraf (L'ETERNITE POUR NOUS, LE CONCERTO DE LA PEUR) et sa composition délirante dans LES WEEK-ENDS MALEFIQUES DU COMTE ZAROFF.

Quant à Michèle Mercier, elle est aussi brune qu'elle était blonde en Angélique. Portant le deuil durant tout le film, elle ressemble à une veuve méditerranéenne ne survivant que pour mener à bien sa vendetta. Son jeu est sobre, à l'image de tous les autres acteurs. UNE CORDE, UN COLT, malgré un rythme quasi inexistant, parvient à capter l'attention du public du début à la fin. Et si l'histoire est archi convenue, elle n'en est pas moins agréable à suivre, magnifiée par la photographie de Henri Persin (déjà présent sur les cinq ANGELIQUE) et la musique signée par André Hossein, le père de Robert, et qui était un compositeur talentueux.

Avec son ambiance mélancolique, son côté romantique et fataliste, UNE CORDE, UN COLT peut être considéré à juste titre comme une réussite du western spaghetti... à la française.

Philippe Chouvel
20/02/2012
Bookmark and Share

Page précédente    Revenir en haut de la page    Imprimer   Creer PDF

Sueurs Froides.fr > Critique > Retrospective
AUTEUR DE L'ARTICLE: Philippe Chouvel
SES DERNIERS ARTICLESSES FILMS FETICHES
Barbazul
Hallucination Strip
Une femme dangereuse
L'incroyable professeur Zovek
Fureur sur le Bosphore
Danger Diabolik
Femina Ridens
La Dame Rouge Tua 7 Fois
Les Démons
L’Abominable Docteur Phibes


Le film est disponible à l'achat sur le site Sin'Art :
Friedhof Ohne Kreuze Epuise/out Of Print DVD Zone 2 NC €
Vous aimez Une corde, un colt ?
Tags du film
Western Spaghetti
En vente sur Sin'Art
  • Pochette Friedhof ohne Kreuze EPUISE/OUT OF PRINT - DVD  Zone 2
    DVD Zone 2
    NC€
Moteur de recherche